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Giuliana Zefferi space|space2013
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Giuliana Zefferi . Vue d’atelier 2013, peintures : Vincent Lefaix
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Giuliana Zefferi, Futur Antérieur # 6 (TIT), 2013, pierre calcaire, 120 x 40 x 40 cm
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Le travail est une zone intermédiaire, une zone de tous les possibles que je tente de maintenir dans l’espace d’exposition. Les œuvres oubliées, inachevées, ratées, esthétiquement instables se collent les unes aux autres comme la compression de temporalité et d’expérimentations. Ensemble, ces œuvres vulnérables permettent de percevoir l’impact des idées en devenir. Dans un texte paru en 2007, Brian O’ Doherty décrit la temporalité de l’atelier : « Le temps de l’atelier est un faisceau mouvant de temporalité : quotas de passé incorporés dans les œuvres achevées, abandonnées ou en attente de résurrection, présent fébrile des œuvres, d’une œuvre au moins en cours, présent par lequel écrivait James Joyce « le futur s’abîme dans le passé » tandis qu’il exerce sur le présent la pression des idées encore à naître. » *
Mon travail se constitue de masses, modules sculpturaux qui suggèrent un mouvement en devenir, un renversement ou un retournement. Je m’intéresse au moment où l’intrigue bascule et où l’espace d’une seconde le spectateur se voit offrir un millier de possibles. Les formes que je produis se façonnent dans un double mouvement de destruction des obstacles et de construction d’artéfacts. Elles tentent de résister, interrogeant leur position même, leur valeur de sculpture, chaque épisode est construit sur un schéma à multiples entrées et sorties. Dans un livre paru en 2009 Laurent Jeanpierre évoque le travail de l’artiste expérimental : « …L’artiste expérimental n’est certes pas le génie des romantiques, ni l’ingénieur des avant-gardes pluridisciplinaires. Son inspiration ne lui vient que de la pratique, mais sa raison n’est pas instrumentale. Il s’est défait du fantasme de maîtrise qu’induit parfois la création. Il n’est ni obsédé par le nouveau, ni fixé sur ses méthodes. »** L’idée inhérente à mon travail est que tout peut être fait ou défait, et ce en vue de maintenir l’œuvre dans la réalité, de la désacraliser. Evence Verdier écrit à propos du travail de Tobias Putrih « … La déconstruction ne signifie pas l’éradication d’une structure architecturale, mais sa décomposition en vue d’un nouvel agencement de signes et d’images ». Inscrire l’œuvre dans la réalité c’est ne pas gommer ces constructions et déconstructions, c’est donner à voir le travail, montrer une pièce dans sa durée, sa mémoire. Ainsi les œuvres créées et par extrapolation l’exposition pourraient prendre la parole et scander : « La réalité n’est pas toute la réalité, ce qui a été produit ici peut être fait ou défait ! »**

Giuliana Zefferi, 2011.

*Studio and Cube : on the relationship between where art is made and where art is displayed, by Brian O’Doherty, Princeton Architectural Press, 2008.
**Introduction aux conditions de l’art expérimental, Laurent Jeanpierre. In Actu de l’expérimental dans l’art, Les Presses du Réel, 2009.

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Contact : cargocollective.com/giuliana-zefferi
revuemercure.com
cargocollective.com/atelier-W
 
 
 
 
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