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Expositions & catalogues | Multiples
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Amas, 2004 Dnsep, ENBAL. Polystyrène peint, carton, céramique, tissu
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“De même qu’un ange dans sa circonsription corporelle, est constitué avec tous ses membres, de même aussi un royaume entier est constitué comme si tout ensemble n’était qu’un seul ange" écrit Jacob Böhm dans "L’aurore naissante". Les circonscriptions de tableaux à trois dimensions de Sarah Tritz se constituent aussi d’éléments agencés pour la configuration d’un surgissement spatio-temporel impliquent matière, matériaux, couleur, peinture, photographie, mobilier et quelques objets précisément choisis et fabriqués par l’artiste. Si ces propositions se situent dans une filière sculpturale et contemporaine repérable, avec Jessica Stockholder, Jason Rhoades ou Franz West, l’artiste n’en a pas moins acquis une autonomie réelle avec un mode d’opération unique et entier. Son champ d’investigation s’appuie sur les trois dimensions comme elle s’approprierait l’intérieur d’un ouvrage dont la couverture et le dos seraient des points d’ancrage où caler ses tableaux.
L’installation s’installe ensuite et s’ouvre, telles ces figures cartonnées dans un livre d’enfant, sur le principe du pop-up. Sarah Tritz peint des dessins, des motifs floraux, prend des photos, réalise des vidéos, des affiches, des posters et des céramiques, construit ou reproduit des formes abstraites, rugueuses, fripées, figurées ou a-concrètes, mais toujours dans un temps donné. "Je joins l’éphémère au précieux", dit-elle. En effet, chaque intervention est différente, modulable, transformable. Comme Méliès en son temps réalisant un film pour chaque projection, il reste ici aussi quelque chose qui s’affirme créatif et artisanal, de véritablement éphémère et de réellement précaire, élisant l’acte artistique sur l’épaisseur temporelle de sa gestion. Il y a bien allusion au décor de théâtre, ne serait-ce que dans la fabrication : si l’on voit du ciment, il y aura du polystyrène ; et s’il y a un écran, il sera flottant comme un rideau.
Mêlant ce travail de fiction entre vrai et faux, entre peinture et sculpture dans ce langage intermédiaire se construit un univers basculant un décor mental, une chimère spatiale entre songe, transmigration et apparition. On trouvera dans ces constructions l’émergence d’un payasage psychique, semi-mural ou semi-rural, semi-urbain ou semi-freudien, une sorte de carottage d’un monde inexistant, reconstruction d’un songe ou d’un rêve, mais qui passe par les formes reconnaissables de notre environnement. L’artiste engage la structuration d’un langage personnel sur son oeuvre comme, "bombe-projecteur-quartz" pour un élément angoissant, ou "objets délaissés" en hommage à des travaux abandonnés dans son atelier. Et puis il y a des accessoires qui sont des masses, des volumes, des images, des structures de stands de marché, des photos, des peintures vraies des peintures fausses, des peintures qui sont des photos, des photos qui sont des peintures, des fleurs en papier et du papier qui se délitent comme un mur. Il y a des lignes en tension comme les javelots de Gilberto Zorio, des matériaux légers qui se font lourds, graves, pesants, obsédants, voire inquiétants, et d’autres qui s’évadent, qui s’étalent, qui se posent, qui ornementent, qui s’élèvent, qui flottent. Ici, l’installation circonscrit de manière graphique un environnement rocailleux en réponse au lieu. L’ensemble s’investit dans une dimension humaine, prend l’espace d’une pièce qui invite à une petite errance, afin que chacun, corporellement, recadre l’espace et le temps, tel le vitrier dans un film de Cocteau, participant un bref instant à la composition sculpturale de ce tableau mental.

F Bouglé
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Contact : sarah_tritz@hotmail.com
 
 
 
 
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