space space
spaceLogo
space
space space space space space space
space
space
space
English version
|
space
Bettina Samson space|space2006space|space2004
|
|
space
space
space
Expositions & catalogues | Multiples
space
space
space
space space space

space
space
Attracteurs Antarctiques (A.A), 2003 idéo en boucle 7 min, polystyrène extrudé, PVC, mousse
space
space space
Warten auf die Lorelei – Waiting for the Lorelei, 2004 polystyrène et bitume, 60 x 100 cm
Exposition Les Enfants du Sabbat 5, Le Creux de l’Enfer, Thiers

space
space
space
On pourrait, pour tenter (mais pourquoi) de circonscrire le territoire proliférant des spéculations de Bettina Samson, emprunter son titre à une œuvre de Matt Mullican, More details from an imaginary Universe. Car la forme insulaire qu’elle a utilisée souvent pour délimiter physiquement et métaphoriquement ses recherches est moins une manière de fournir un point de vue synthétique, rassurant, sur un univers clos, qu’un moyen d’hypertrophier un détail et de projeter le spectateur dans un microcosme où pullulent les informations visuelles et haptiques, qui ressortent simultanément de la géologie, de la biologie, de l’économie…, comme autant de sphères en contamination réciproque. S’il faut dégainer à vue les références, on trouvera chez Hybert ou Barney des résonances à ces excroissances, extensions, inflations et déflations qui, chez Bettina Samson, fondent des organismes mutants, hyper-sexués, saisis entre gonflement et détumescence, dont on ne perçoit que la surface comme zone d’excitabilité, à l’instar de la peau à vif sous les griffures dans la vidéo Hyperf-e. L’excitation comme substitut infiniment prolongé du plaisir, réponse à la sursollicitation érogène de l’offre permanente, priapique, du libéralisme.
Les Iles Vierges, ex-mythologies utopiques à connotation libertaire (cf. Hakim Bey) devenues paradis fiscaux exotiques, ont été le territoire allégorique privilégié où s’engendraient ces mutations dérégulées. Leur politique du secret (bancaire) convenaient à ces cabinets clandestins où se logeaient les dispositifs de Bettina : ses récents travaux font davantage acte de communication vers l’extérieur, prenant la forme du stand ou du véhicule, et semblent temporairement se stabiliser, s’autonomiser en concrétions (ses coulées de bitume en forme de tatouages), mais dont les linéaments s’esquissent toujours dans une production pléthorique de dessins, laboratoires de formes filamenteuses et ombilicales qui jaillissent ensuite, parfois anamorphosés, en trois dimensions : ça gonfle, ça sécrète, ça glue, ça ventouse, telle une flore intestinale en expansion. Ni offensives ni défensives, ces formes semblent modéliser pour Bettina une incarnation de la féminité, qu’elle dit "infra, ou post-humaine", comme peut-être cette sirène dans la vidéo Rhode Island Road Movie, dégénérée en cover-girl sexy mais alanguie, sans désir désormais de chanter, la bouche pleine d’algues, le regard vitreux, pathétique monstre de foire capturé par La croisière s’amuse. "Je ne suis pas la Lorelei", dit-elle ; je suis au-delà de l’Histoire, je suis soumise et inatteignable ; touchez-moi, mais vous ne me connaîtrez pas. Ainsi semblent fonctionner les laboratoires de Bettina, dans une dialectique du familier et de l’indéchiffrable, zones où s’annulent les polarités, attracteurs étranges, en route vers l’entropie, mais où grouillent encore d’imperceptibles nébuleuses de microbes.

François Piron
space
Contact :
06.77.76.34.96
bettina.samson@freesbee.fr
 
 
 
 
spacer

space