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Natalia Lopez space|space2007space|space2006
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Au pied à la lettre, je ne vois que d’épais traits noirs, ceux qui la hissent et ceux qui s’étirent à sa base pour faciliter la lecture. Plus je l’examine de près, plus il est énorme ce caractère que je me contente de contempler depuis le sol vaste et blanc. J’évite du regard les autres caractères qui se perdent à l’horizon de la page : je ne veux pas encore faire apparaître le sens.

Mais la contemplation des lettres de taille monumentale n’est qu’un point de départ. Il faut les parcourir, se laisser porter, rebondir dans leurs courbes et tout en prenant de l’élan, se projeter de l’une à l’autre jusqu’à ce que le mot soit recomposé. A l’arrière plan de ces tracés noirs sur l’immensité blanche, le sens se détache et suit le mot comme son ombre. Ce mot signale quelque chose d’autre que lui, il est comme une flèche au dos de laquelle on fait un voyage rapide mais d’où l’on distingue quand même des paysages. L’ombre du mot frôle la surface des paysages, les redessinant.

Le mot et son ombre portent en eux la chose qu’ils représentent. Tacitement. Et les limites des traits qui dessinent le mot, celles qui déterminent la bordure de l’ombre puis celles de l’objet, ces limites là sont de minuscules interstices qui relient entre eux le mot, l’ombre et l’objet. Comme des fentes rectilignes que l’on peut rendre souples, les creusant, élargissant l’écart. Puis quand il y a de la place on peut aussi les déformer, les rendre démesurées. Les travestir, les ridiculiser, les remplir de tout ce qui nous passe sous la main. Ou y mettre des cales pour empêcher le mot de retomber dans son lieu commun . Lui tendre un piège.

Natalia Lopez
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Contact : 06 66 72 31 36
n.pez@caramail.com
 
 
 
 
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