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Benjamin Hochart space|space2007space|space2006
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Archaeology, 2006 Dimensions variables, étagères aluminium, paraffine, néons, fer, bois, ciment, plâtre
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Machine-troglodyte, 2005 10 x 220 x 80 cartons, scotch, agrafes
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Ma pratique artistique est une lutte, une bagarre avec ou contre les matériaux qui se résout dans l’apparition de la sculpture.

Je commence à produire les formes en volumes après les avoir pensées longuement, tournées mentalement dans tout les sens, puis dessinées.

Lors de ces dessins préparatoires, je ne tiens compte d’aucunes caractéristiques techniques, physiques ou chimiques des matériaux que j’envisage d’utiliser ultérieurement, je lance les idées et souvent me laisse attraper par la forme même du dessin, le trait et la contemplation de la forme dessinée qui naît.

Lorsque je commence à travailler dans l’atelier, j’ai donc une idée très précise de ce que sera la sculpture, j’ai son dessin, une carte presque, mais ce n’est qu’une direction. Et je commence à dessiner à nouveau, cette fois avec les matériaux. Je me bats avec eux, et je perd bien sûr.

Alors je démonte, détruis, puis reconstruis autre chose par dessus un morceau que j’ai gardé, une structure ou un élément par lequel tout a commencé. La sculpture ne sera pas exactement ce que j’ai envisagé, dessiné ou pensé, elle va tenter d’être ce que je veux et ce que le travail de l’atelier impose.

C’est ainsi que ma sculpture est formée aussi bien de l’idée (parce que je ne crois pas que la recherche purement formelle suffise pour qu’un travail soit complexe ; ce n’est alors qu’une histoire de collage de matériaux et de formes, une histoire de fascination en quelque sorte) et du travail de l’atelier (parce que de la même manière, on ne peut rester imbécilement accroché à ses idées, ses croquis ou ses fantasmes ; il faut à un moment jouer avec l’accident ou le hasard de l’atelier, la sculpture étant pour moi toujours une trace de lutte passée, la lutte entre un homme et la matière).

Les pièces s’accumulent alors de manière à construire un monde où l’hypothèse de ce qui ne peut normalement pas être ou exister est possible.

Comment éclater les formes et ainsi éclater les sens ? Comment faire qu’une sculpture reconnaissable et identifiable, faite de choix précis de matériaux et de gestes, puisse être la plus « potentielle », et ainsi être le réceptacle d’une multitude d’évocations, d’images et de références tout en étant définitivement et pour tous ceux qui la regardent, une chose précise et inflexible, implacable sur son sens, autoritaire ou monumentale, historique, comme l’est et comme doit l’être la Sculpture.

Ainsi, il m’importe que ce que je donne à voir sois toujours envisageable sous les angles différents de plusieurs sciences ou domaines de connaissance : architecture, anthropologie, anatomie, histoire, géographie... que tous ces terrains ou champs soient investis, qu’ils complexifient la lecture de manière à ce que les choses ne soient plus justes ce qu’elles sont, mais qu’elles deviennent autres, un potentiel d’altérité.

Potentiel : l’utilisation de ce mot, leitmotiv de mon travail, est issu d’une rencontre, la rencontre avec une phrase du livre L’homme sans qualité de Robert Musil : « S’il y a un sens du réel, il doit y avoir un sens du possible. »

Il m’apparut alors évident que ce qui est réel n’est pas plus enviable ou justifiable que ce qui serait possible. Il m’apparut alors évident que les choses que nous voyons ne pouvaient pas être autre chose que ce que nous voulions qu’elles soient, que celles que nous croyons ne sont que le résultat d’hypothèses ou de croyances élevées au rang de sciences ou d’autorités. À nous de les détrôner ou d’en créer d’autres.

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Contact :
06 77 76 98 27

benjaminhochart@yahoo.fr
 
 
 
 
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